Les vaches Highlands

article en cours de rédaction

Caractéristiques de la race bovine utilisée : le Highlands

Le bovin des hautes terres d’Ecosse ou Highlands cattle est considéré par divers auteurs spécialistes de la Zootechnie comme de la Mammalogie comme l’une des races les plus archaïques issues des débuts de la domestication de l’espèce sauvage (Aurochs).De cet ancêtre non domestiqué, le Highlands en a gardé quelques traits : rusticité très grande, cornage de forte taille au fort dimorphisme sexuel, pelage uniforme (pas de coloration pie), poils très longs en particulier en hiver, propension à cacher les veaux après la naissance, …Une spécificité liée sans doute à la consanguinité porte sur les oreilles relativement peu développées mais qui présentent surtout des indentations parfois profondes :

« Dock ear has been a peculiarity in many strains of the breed for untold generations. Calves are born with ears which look as if they had been snipped right across the middle with ragged shears. The natural mutilation, as it may be termed, had probably its origin in a “sport”, and inbreeding was no doubt accountable for its perpetuation”

[Cameron James, 1920 – Live stock of the farm; vol I, Cattle, the Highland Cattle – The Gresham Publishing Company, p 93 ]

Contrairement à son cousin espagnol de combat sélectionné depuis des siècles pour son agressivité, le bovin des Highlands est plutôt calme mais sait cependant être très vif.Sa stature moyenne (350-450 kg pour les femelles ; 600/700 kg pour les mâles) non altérée par une sélection bouchère, en fait un animal courant vite et longtemps, sautant facilement ; son poil et l’épaisseur particulière de son cuir le rend quasi insensible aux barbelés lorsqu’il lui prend l’envie de « foncer » .

Toujours unie, la robe varie du clair au foncé : les animaux présents sur les Courtils de Bouquelon sont blonds, roux clairs, roux foncés, bringés et noirs. Le mufle peut être de safran à presque noir et une bande décolorée, héritage du patron de couleurs de l’Aurochs, entoure parfois le mufle.La croissance de la race est lente : l’âge adulte sur le plan ostéologique n’intervient que vers 6 ans1/2 mais la longévité dépasse fréquemment les 20 ans. La première saillie des génisses se fait en moyenne à 27 mois permettant un premier vêlage à trois ans.L’année suivante, l’animal ne reproduit généralement pas ce qui lui permet d’avoir une croissance compensatrice. Les femelles peuvent avoir des veaux à des âges relativement avancés : 17,18 ans voire plus.

La mortalité, si on excepte les mortalités accidentelles (foudre, enlisement, ferraillage, encornage entre animaux,…) intervient au terme d’un processus de sénescence dont les stigmates les plus fréquents sont les problèmes ambulatoires liés à une diathèse arthrosique que la difficulté d’évolution en des milieux peu porteurs rend parfois plus précoce (14/15 ans).

Rarement malade, aux problèmes du grand âge près, le Highlands ne nécessite pas de soins particuliers notamment en ce qui concerne sa tolérance au parasitisme qui est excellente. Les seules affections qui reviennent presque chaque année mais en touchant au maximum 5/6% des animaux est la kératite infectieuse contractée toujours en été et qui s’auto-guérit sans séquelles ou avec une légère opalescence oculaire résiduelle dans les pires des cas.Sur le plan alimentaire, le Highland absorbe des végétaux ordinairement considéré comme n’ayant pas de valeur fourragère ou tout simplement peu appétant.

Rustique aux intempéries il passe l’hiver sans dommage (jusqu’à -27° au Marais Vernier lors d’un hiver particulièrement sévère en 1985).

Sur le plan zootechnique, les animaux sont capables de faire « l’accordéon » en perdant entre 60 et 80 kg chaque hiver et qui sont repris chaque été.Les vêlages de veaux, petits (autour de 35 kg) se fait le plus souvent de nuit et bien évidemment sans assistance aucune. Aucune naissance gémellaire n’a encore été enregistrée à ce jour sur les Courtils de Bouquelon. Sauf quand il est décidé de limiter les naissances,le taureau est en permanence avec les femelles qui sont saisonnées dans le sens où les naissances s’étalent en majorité du printemps au début de l’été.Les naissances en automnes sont rares et correspondent souvent à des particularismes individuels (vaches ayant « sauté » une saison, …).

Mode de conduite des animaux

Le cheptel Highlands de la Réserve Naturelle Régionale des Courtils de Bouquelon compte entre 40 et 50 têtes de tous âges et de tous sexes. Ils parcourent et entretiennent une superficie d’environ 70 hectares.Le mode de conduite est le plein air intégral et les animaux ne sont donc jamais rentrés en bâtiments.

Le cheptel est subdivisé en 3 voire 4 troupeaux :

Le premier troupeau comme le second, sont des troupeaux reproducteurs possédant un taureau en permanence et une douzaine de femelles d’âge très variable (2 à 20 ans).Le troisième est constitué d’un lot d’une dizaine de bœufs de 18 mois à environ 4/5ans, âge auquel ils sont destinés à l’abattoir.Il s’agit des mâles surnuméraires issus des troupeaux précédents et qui sont castrés vers l’âge de 1 an ½.Le quatrième lot, temporaire, est un lot de veaux, issu des deux troupeaux reproducteurs et constitué au moment de la reprise effectuée pour la prophylaxie. Certains de ces animaux quitteront le site à la demande d’organismes divers à des fins de gestion environnementale. Les mâles restant sont castrés et rejoignent le lot de bœufs, les génisses demeurant sur place regagnent les troupeaux reproducteurs en veillant cependant aux questions de consanguinité, remplaçant ainsi les vaches mortes accidentellement ou surtout de vieillesse.

Les troupeaux pâturent en extensif des parcelles longues de 1,2 km les animaux choisissant leur nourriture, leurs place de rumination, les zones d’abris en fonction des caractéristiques météorologiques, des point d’abreuvement, etc.,… C’est cette liberté qui « sculpte » en quelque sorte la végétation et maintient ainsi la grande richesse floristique (et faunistique, par « ricochet ») des lieux à l’origine de la création de la Réserve Naturelle.

Un affourragement de complément intervient en hiver, en particulier quand le fond des terrains, inondés, constitue un facteur limitant pour les animaux et un risque de défoncement du sol préjudiciable à la réserve Naturelle.Quelques parcs d’attente, de tri conduisent les animaux vers une installation de contention permettant de réaliser :

– Le tri des animaux

– Les opérations de bouclage, re-bouclage,

– les opérations de prophylaxie

– Les saisies de paramètres zootechniques intéressant l’éleveur pour sa conduite de troupeau, tels que le poids, le périmètre thoracique, la longueur hanche épaule, les notes d’état corporel.

Les troupeaux sont visités au moins une fois par semaine ce qui permet de consigner divers évènements d’élevage comme la naissance de veaux.Dans ces conditions, il est rare de pouvoir intervenir le jour de la naissance, car les naissances sont étalées tout au long de la belle saison dans une végétation relativement haute et les mères cachent parfois leurs veaux.Le bouclage des veaux nouveaux nés est cependant pratiquée « au champ » avec les vaches les plus « gentilles ».C’est une opération cependant dangereuse au vu de la longueur des cornes et de la vélocité maternelle aiguisée par l’inquiétude…Il se pose aussi la question d’oreilles vraiment petites à la naissance et de surcroît assez souvent profondément et naturellement échancrées (cf supra, caractéristiques de la race Highland) ce qui rend le percement de l’oreille particulièrement difficile….. surtout sous la pression du voisinage maternel !

Par contre le suivi des naissances se fait de façon précise : chaque veau nouvellement né est repéré par sa mère (le nombre limité de vaches et leur stabilité dans des troupeaux où le turn-over est très faible font qu’elles sont connues individuellement par leur nom sans qu’il soit besoin de recourir à la marque auriculaire), son sexe est précisé et son signalement est pris « sous la mère » coloration, marques individuelles comme la coloration du tour du museau, la couleur du museau, les épis,…

La date de naissance la plus probable est déterminée en fonction de la chute ou non du cordon ombilical, de la réactivité du veau et l’incertitude ne peut de toute façon ne porter que sur quelques jours vu le caractère hebdomadaire des visites (il arrive même que, en saison, des visites soient faites en complément en milieu de semaine).  Ceci est reporté sur un agenda qui servira de base pour remplir le bordereau administratif au moment du bouclage effectif du veau.

En outre, il faut prendre conscience du fait qu’il est impossible de rentrer le troupeau à chaque naissance dans les installations de contention pour les raison suivantes :

  • Une vache qui vient de vêler (ou dans les quelques jours qui suivent ne suit pas le troupeau) mais reste auprès de son veau,
  • Si par chance elle et son veau suivent le troupeau, le veau nouveau né a toutes les chances de se faire piétiner dans le couloir ce qui n’est pas souhaité!

La réglementation de la réserve naturelle impose une certaine quiétude aux lieux (nidifications de cigognes et autres espèces protégées) ce qui est incompatible avec « des grandes manœuvres » pour rentrer coûte que coûte des animaux qui par ailleurs deviendront de plus en plus craintifs au fur et à mesure des reprises. C’est donc à la faveur d’opportunités diverses (besoin en eau en été, prophylaxies, affourragement hivernal, …, que les animaux sont rentrés dans les installations de contention.

Les veaux sont alors bouclés, le sexe est contrôlé, et la parenté est vérifiée en observant les comportements mères/veaux comme validation de l’observation effectuée « au champ » au moment de la naissance.

Conclusion

Les caractéristiques de l’élevage de bovins Highland de la réserve naturelle Régionale des Courtils de Bouquelon s’inscrivent dans une spécificité où la nature du milieu, les statuts administratifs des espaces en cause comme des espèces présentes, les caractéristiques particulières de la race et de son mode de conduite rendu nécessaire par le plan de gestion de la réserve naturelle conduisent à ne pouvoir appliquer une réglementation édictée sur la base d’élevages standardisés se situant aux quasi-antipodes de l’élevage pratiqué.

Par contre, il convient de souligner que les animaux présents ne sont pas du tout en déshérence ; chaque animal est connu individuellement par son nom, les troupeaux sont maîtrisés grâce à un investissement fort en particulier en termes d’installations de contention comme en temps passé au contact des animaux.

 

Dossier établi par Dr Thierry Lecomte, de l’Association « Courtils de Bouquelon »Elevage FR 27 101 140, le 28 Février 2010

 

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